Open-source en entreprise : 10 clés
Publié le 19 janvier 2010 dans Génie logicielLe monde de l’entreprise peut sembler bien loin de l’open-source ; il rime le plus souvent avec logiciels propriétaires, DSI ne jurant que par leur éditeur fétiche et par une défiance quasi-systématique dans toute forme de geekerie aiguë.
Là où tout n’est que process, certifications et ré-assurance, comment pourrait-on adopter quelques lignes de codes - sans dire qu’il faut souvent les compiler soi-même - issues de mystérieux barbus solitaires, éparpillés au-travers du monde ?
Ce billet s’adresse à tous les chefs de projet en agence à qui on a dit un jour “non PHP c’est pas pro [...] code-le en .NET“, à tous les développeurs à qui on a assuré que “Oracle c’est plus secure que MySQL pour le e-commerce” ou encore à tous les chargés de communication qui ont dû, trop de fois, sacrifier leurs projets “[...] que si on le sort, Stratégies et CB News ne parleront plus que de nous” sur l’autel de l’immobilisme et du principe de précaution poussé à outrance, valeurs chères à certains DSI.
10 arguments, ni plus ni moins, pour réconcilier corporate et open-source.
- Ça marche : trivial ? Non, et c’est parfois utile de le rappeler. Les systèmes open-source fonctionnent, et bien. Les grands hébergeurs vous le diront : haute disponibilité rime avec UNIX. Les administrateurs reprendront en cÅ“ur qu’ils n’ont pas redémarré leur Apache depuis le passage à l’euro et les développeurs que si PHP est né comme un langage de script, il sait aujourd’hui être audité en production pour détecter les goulets d’étranglement ou encore piloter une qualité de service.
- C’est performant : WordPress - le moteur open-source qui anime ce blog - nous dit que le code est de la poésie. Et les codeurs n’hésitent pas à passer des nuits sur chaque routine pour diminuer sa consommation de ressources. Résultat ? Nombre de grands acteurs ont choisi des solutions open-source pour leur performance. FFmpeg transcode plus vite que vite. PHP - langage interprété à l’exécution, rappelons-le - rivalise avec des binaires CGI - compilées dans le dur -.
- C’est sécurisé : au diable l’argument “tout le monde peut trouver des failles“. Car c’est bien pour ça qu’elles sont rapidement comblées. La communauté s’est même imposée une éthique de la révélation des failles au porteur du projet et ne la diffuse généralement pas avant sa résolution. Nombre de mises en garde ont été transmises aux éditeurs de solutions propriétaires pour les avertir de failles majeures, mises en garde restées lettres mortes.
- C’est pas cher : attention cependant à ne pas confondre ouvert et gratuit. L’essentiel des solutions open-source sont gratuites. L’utilisation commerciale de certaines exige une licence. Néanmoins, mis bout-à -bout l’ensemble de la chaîne logicielle nécessaire à déployer un service web, il y a nécessairement des gains financiers à l’arrivée. L’open-source, solution anti-crise.
- C’est à la pointe du progrès : ils ont beau travailler sur des PC éventrés, sur des Linux en mode texte, force est de constater que les codeurs open-source arrivent généralement à devancer ou tout du moins se maintenir au niveau des éditeurs. Presque chaque outil commercial, d’autant plus sur le web, a son pendant ouvert.
- C’est ouvert : et alors me direz-vous ? Et bien ça permet par exemple de l’adapter facilement à un besoin spécifique, d’ajouter une fonctionnalité, et pourquoi pas… de contribuer soi-même à la communauté autour du projet !
- C’est connu de tous : “Cherche programmeur Cobol / Fortran / Turbo Pascal“. Votre DRH n’a qu’à bien se tenir. Vous voulez pérenniser votre code ? Valoriser votre patrimoine logiciel ? L’open-source, c’est aussi la garantie de trouver une légion de programmeurs capable de reprendre le projet là où il s’est arrêté.
- C’est bien documenté : Très actifs sur le web, il y a de grandes chances qu’un geek ait rencontré le même problème que vous, et qu’un autre geek l’ait aidé, sur l’un des nombreux forum qui traitent des projets open-source. D’ailleurs, n’oubliez pas de lire le manuel, ils sont généralement d’une incroyable qualité.
- Même les plus grands s’en servent : Si les 8 arguments précédents n’ont pas fonctionné, passez au name-dropping : Facebook. Wikipedia. YouTube. Netvibes. Des nains du web ? Pour l’anecdote - si votre DSI aime particulièrement un éditeur de Redmond aux États-Unis - Hotmail serait hébergé sous un système UNIX.
- C’est révolutionnaire : C’est une posture, certes, mais à l’heure où le bling-bling est montré au doigt, où l’on pousse son 4×4 à la décharge pour enfourcher un Vélib’, pourquoi ne pas faire son effet sans pour autant porter un t-shirt du Che au comité de direction ?
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