Stratégie technologique
Conseil et Solutions



Les deux derniers jours de la mission nouveaux médias étaient placés sous le signe de l’investissement.

logoubi

Mardi, visite du forum IVA (International Venture Association) : la grand messe annuelle du capital-risque. On est saisi par la qualité des interventions, par la concentration de VC au mètre carré et par l’abondance des capitaux disponibles pour le high tech. Quelques données :

  • 483 sociétés high tech ont levé un peu plus de 2 milliards de dollars en Israël l’année dernière soit à peu près un tiers des fonds levés dans l’Europe entière et 7% des fonds levés aux Etats-Unis durant la même période. En pondérant ces chiffres par les 6 millions d’habitants du pays, cela fait d’Israël le premier pays au monde du capital risque.
  • Les secteurs clés sont – en terme de fonds levés et par ordre décroissant – les télécoms, les biotechnologies et l’industrie logicielle. Internet arrive 5ème derrière les semiconducteurs mais avant les cleantech. Cela a du sens en termes de modèles de monétisation, Internet doute et se cherche toujours.
  • L’investissement dans des sociétés étrangères est de seulement 57 millions de dollars en 2008 soit moins de 3% des investissements israéliens. Peu ou pas de salut pour les sociétés étrangères. La raison avancée par les VC est la proximité nécessaire pour suivre, au quotidien, l’équipe dirigeante des start-ups.

Les visites d’entreprises et la soirée de lancement du « media lab » du Jerusalem Venture Partners soulignent l’excellente circulation des capitaux dans les entreprises israéliennes. Que l’on soit au démarrage, en croissance ou en vitesse de croisière, des équipes talentueuses porteuses d’un projet monétisable trouveront toujours du financement.

Quelle leçon la France peut-elle tirer du modèle israélien ?

La modernisation de notre économie nécessite de lourds investissements pour maintenir l’excellence technologique française. La France n’est pas un pays de fonds et la frilosité post-crise des investisseurs risque d’autant plus de les détourner du venture capital : la carotte fiscale – aujourd’hui incarnée par la loi TEPA – doit en ce sens être consolidée car elle a une double vertue : maintenir des capitaux en France d’une part, les injecter dans des PME d’autre part.

Le caractère « innovant » (via le label Jeune Entreprise Innovante ou l’appartenance à un cluster) pourrait être une piste pour consentir des avantages fiscaux supplémantaires, notamment sur l’ISF.

Enfin, la création du « media lab » de JVP est un signal très clair du nouveau modèle de concentration jusqu’alors assez consanguin dans les nouvelles technologies : on ne marie plus les technologies entre elles (concentration horizontale) mais on associe plutôt les contenus et les technologies de diffusion / de monétisation de ces contenus (concentration verticale). Des offres media techno + contenus devraient émerger de cette stratégie, facilitant leur lecture et leur acquisition par les entreprises. Les clusters doivent donc faire parler plus encore les faiseurs d’images, les diffuseurs d’images et les vendeurs d’images pour faire naître de nouvelles solutions intégrées.

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