Le développement des infrastructures filaires dédiées à Internet coûte cher. On parle de plusieurs milliards d’euros pour fibrer la France et seules les régions les plus denses devraient en bénéficier dans un premier temps. L’accès à Internet pour l’utilisateur final est également onéreux. Outre l’accès au réseau à proprement parler, l’équipement nécessaire pour profiter pleinement d’Internet peut être inaccessible dans certains pays en voix de développement.
Pas d’équipement, pas d’infrastructure, difficile de parier sur un développement rapide d’Internet dans les zones les plus pauvres du monde ? Pas si sûr.

Crédit Mélanie Kostopoulos
Les pays émergents ont en effet fait le pari des réseaux 3G, certains n’étant même pas passés par la case 2G (EDGE). Le résultat est une couverture mobile haut débit étonnante, et une qualité de service parfois même suppérieure à celle des pays riches, dont les réseaux sont – déjà – saturés.
Les terminaux mobiles avancés, capables d’exécuter des applications internet, sont encore réservés à une certaine élite tant l’iPhone, les blackberry ou encore les Palm visent une CSP élevée. Google semble vouloir changer la donne avec Androïd, qui devrait équiper une large gamme de téléphones dans les années à venir.
Le résultat ? Un périmètre aggrandi pour les applications mobiles, un marché nouveau à construire, un levier encore plus important pour qui saura développer des applications mobiles globales, à destination de tous.
Marché certes, mais également acteurs : les pays émergents ont une carte à jouer dans la distribution d’applications mobiles. Les web agency ont eu leur heure de gloire à la fin des années 90, tant il était facile et peu coûteux de créer des sites et des applications web sur la base de la communauté open-source. Nous nous trouvons aujourd’hui dans la même configuration avec les applications mobiles, mais cette fois-ci, le terrain de jeu est réellement planétaire.
Convaincre les gouvernements de ces pays à favoriser l’entrepreneuriat dans ce secteur innovant, peu gourmant en capitaux et à fort effet de levier devrait être une mission conjointe de l’OMC et du FMI. Si les Etats-Unis ont été les grands conquérent du far-west Internet, l’Europe ou encore l’Inde ont su tirer leur épingle du jeu ; l’heure est peut-être aujourd’hui de donner à toutes les régions du monde le même espoir de développement économique, sur les bases d’une technologie démocratisée.
Parmi beaucoup d’autres, voici quelques propositions de mesures privées et publiques qui permettraient d’accompagner ce challenge :
- Rendre les SDK (Source Development Kit) des principales plate-formes gratuits : débourser $100 pour développer des applications iPhone bloque l’accès à cette plate-forme de nombreux développeurs ou de jeunes talents
- Sécuriser des fonds souverains pour développer l’industrie mobile : A l’heure où ceux-ci servent à recapitaliser les banques, les fonds nationaux pourraient remplir leur fonction originelle de soutien et de développement de l’économie, sur un secteur décorrélé de toute matière première et à faible besoin en capitaux
- Engager l’OMC et le FMI dans la régulation – ou dérégulation – de ce secteur : Arbitres et banquiers globaux, ces acteurs ont les moyens d’accélérer le développement de ce secteur et de contribuer à l’accès à ces technologies
- Soutenir l’initiative Open Handset Alliance : L’open source a été le moteur du développement hors-norme d’Internet ces 15 dernières années. Standardiser mais ouvrir, commercialiser le produit mais partager la connaissance, en d’autres termes responsabiliser un capitalisme durable (sic) permettra de concrétiser le miracle de l’Internet mobile
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