Stratégie technologique
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L’offre en serveurs dédiés à bas coûts est aujourd’hui installée entre OVH et Iliad. Que faut-il en attendre ?

Plus qu’une démocratisation du serveur dédié, la mort du mutualisé

L’hébergement dédié, c’est cher et compliqué. Voilà ce qui a favorisé l’utilisation massive d’hébergement mutualisé. Or, ce dernier a mauvaise presse. Mauvaise répartition des ressources entre les colocataires, abus des uns pénalisant les autres… il a fallu attendre l’arrivée des serveurs virtualisés (un serveur physique ou un cluster de serveurs physiques émulant des serveurs dédiés logiques aux ressources plus finement pilotées) pour répondre un peu mieux aux attentes des clients. Mais ces offres sont arrivées tard.

Le hic, c’est que l’hébergement dédié n’est plus aussi cher qu’avant et grâce aux efforts faits sur le choix des distributions, il est aujourd’hui aussi simple d’administrer un serveur dédié sous Ubuntu qu’une machine locale sous Windows. À partir de 19,99 € HT / mois, le quidam peut donc désormais louer un authentique serveur privé, connecté à 100 MBps (à ce prix, non garantis) symétriques à Internet. L’hébergement mutualisé devrait donc progressivement se marginaliser : les auteurs de « pages web » ou de blogs se tournant vers des solutions hébergées (plateformes de blogs, MySpace, …), les power-users ou les administrateurs de sites se tournant plus volontiers vers un serveur dédié à faible coût. L’offre virtualisée tend quant à elle à se positionner sur le pilotage de ressource à l’échelle d’un datacenter plus que sur la mutualisation d’un serveur unique.

Des offres bien pensées

Les 2 principales offres low-cost sont celles d’OVH (Kimsufi) à partir de 19,99 € HT / mois et celle d’Iliad (maison mère de Free) avec sa Dedibox à partir de 29,99 € HT / mois. Pour ce prix on retrouve un service sensiblement équivalent, mais des architectures matérielles différentes : l’offre Kimsufi est un peu moins fournie en mémoire vive, les applications utilisant massivement les bases de données ou des serveurs d’applications Java vont donc rapidement « swapper ». L’offre Dedibox est quant à elle un peu moins fournie au niveau processeur (non-Intel), les traitements lourds seront ainsi un peu moins rapides.

Les deux acteurs sont des professionnels d’Internet, aussi les performances réseau et la disponibilité sont au rendez-vous, avec de très bons peerings de part et d’autre. OVH a une expérience plus particulière dans l’hébergement de serveurs dédiés, mais Iliad s’est largement inspiré de leurs procédures pour offrir un service sensiblement équivalent. Au final, personne ne se démarque vraiment, une étude minutieuse des offres et de leurs options vous permettra de choisir le bon prestataire. Attention simplement aux délais de livraison, ces offres rencontrant un franc succès, ils peuvent s’étendre à plusieurs semaines !

Montée en charge

Quid de la montée en charge ? N’entendez pas faire évoluer votre serveur (du moins chez Iliad qui ne propose pour l’instant que du low-cost) au gré de votre montée en puissance, aussi la question a son importance. OVH propose depuis quelques temps maintenant des offres de clusters, intéressantes pour répondre progressivement à l’évolution de votre charge. À défaut, il faudra revenir sur un serveur dédié classique ou passer à la location de baie, pour y installer des serveurs sur-mesure.

Il y a fort à parier qu’Iliad proposera lui aussi tôt ou tard une solution de clustering, permettant de constituer une grappe de Dedibox à faible coût. La tendance générale en matière de gestion de charge étant la parallélisation massive (threads, multi-core, clusters, …), une telle offre pourrait sérieusement inquiéter les « grands » du housing et de l’infogérance. Wait & See…

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