Stratégie technologique
Conseil et Solutions



Ce fait n’a échappé à personne : les clés de notre économie de l’information sont – au-delà même du contenu – les moyens de trouver rapidement la bonne information.

Or aujourd’hui l’internaute consomme de plus en plus de contenus riches : images, musique, animations, vidéos… autant de média « insensibles Â» à l’indexation des robots de nos moteurs de recherche préférés.

Quelles solutions existent aujourd’hui ? De nouveaux acteurs et/ou de nouveaux modèles peuvent-ils tirer leur épingle du jeu de cet état de fait ?

Artillerie lourde

La première option pour sortir de cette impasse est de développer de nouveaux robots, susceptibles d’indexer du rich media. Les problèmes sont multiples :

Le premier concerne la variété des formats : images, animations Flash, vidéos… sans compter les variétés de codecs, versions, et autres formats de compression. Il faut donc au bas mot, prévoir 3 parsers différents au sein des nouveaux robots d’indexation.

Second problème : si on émet le postulat que la reconnaissance d’image fonctionne correctement (un robot semble aujourd’hui pouvoir dire si une image contient un chat, une voiture ou un homme), quid du message véhiculé par le media en question ? Pour une vidéo, si le robot repère et indexe la présence à l’image d’un homme, peut-il indexer son apparence et ses émotions ? Peut-il indexer les valeurs véhiculées ou l’objet du message ? Sans trop m’avancer, cela me semble illusoire à court terme.

Enfin dernier problème et non des moindre, quand bien même le robot arriverait à indexer ces concepts subjectifs, il serrait encore compliqué de les hiérarchiser, comme le font aujourd’hui les robots des moteurs de recherche. Si le robot parvient à l’exploit d’indexer une vidéo comme « comique Â» et « présentant un chat », comment parvenir à déterminer s’il s’agit avant tout d’une vidéo comique ou avant tout d’une vidéo traitant des chats ?

Vers le retour du Turk ?

Aussi se pose l’option de l’indexation humaine. Comme le font aujourd’hui les utilisateurs des principaux sites d’échanges de vidéos, nous pourrions venir à une indexation manuelle des contenus.

Cette option n’est pas fantaisiste et existe déjà en complément de l’indexation automatique des contenus, par exemple sur les annuaires (DMOZ). L’objectif est un référencement moins basé sur la performance des « techniques Â» de référencement et de la notoriété du site que sur sa qualité intrinsèque et sa pertinence sur un mot-clé donné. Humans do it better.

La question du modèle économique lié à ces « petites mains Â» du référencement se pose : les quelques essais sur des places de marché de « référencement contre rémunération Â» amènent à des prix très bas, inférieurs au SMIC horaire français, et pour cause : quelle valeur intellectuelle est celle de reconnaître qu’une vidéo est « drôle Â» mais traitant avant tout des chats ? L’expérience montre de plus qu’il faut « contre-indexer Â» les contenus entre plusieurs personnes pour en garder un dénominateur commun cohérent et valable, sans parler de la partialité du référenceur.

Fromage et dessert

Aussi risque-t-on de s’acheminer vers des solutions à mi-chemin : les poids lourds du référencement, disposant d’une force de frappe financière suffisante pour développer des robots sachant indexer du rich media ne s’en priveront pas. Google a par ailleurs déjà annoncé y réfléchir. – on ne pouvait que s’en douter

Les sites communautaires en revanche se contenteront du « bon vouloir Â» de leur communauté, et trouveront peut-être un nouveau modèle économique en revendant des index de contenus rich media « manufacturés Â» !

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